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J 'ai longtemps cru que c'était une évidence. Aimer. C'est là, ça nous prend, ça nous enveloppe, ça nous étourdit, ...

Je sème sur ce t'aime

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J'ai longtemps cru que c'était une évidence. Aimer. C'est là, ça nous prend, ça nous enveloppe, ça nous étourdit, ça nous palpite, ça nous brûle, ça nous désirs, ça nous plaisirs...
Et puis tu m'as demandé ce que signifiait pour moi ce mot, quelle définition, quel concept je pouvais imaginer autour de ce simple verbe : aimer. J'ai besogné, car l'enjeu était de taille. Sans doute aurais-je dû te répondre dans l'instant, t'éblouir d'une brillante réponse qui aurait annihilé tes propres doutes... Ma répartie est toujours efficace, mais après, quand il est déjà trop tard. Il était déjà trop tard. Ma réaction a été de te dire que j'étais incapable de définir cette... cette chose qui relevait du sensitif et qui souvent échappait à toute logique. J'étais sincère. Je le suis toujours. Pendant des semaines, inconsciemment d'abord, puis de façon plus concrète, j'ai réfléchi... réfléchi à ce que moi, Arthème, je mettais derrière ce mot : aimer.

Alors j'ai cherché, partant d'abord de l'objet de cet amour. Qu'est-ce que j'aime ? Qui j'aime ? Mais très vite, et sans doute parce que c'est ce que soulevait ta question, la notion du lien entre l'amour et l'engagement m'est apparue. L'état amoureux, c'est ce truc, ce machin, ce trouble émotionnel qui nous enveloppe, nous porte, qui est propre à chacun et si difficile à décrire et dont les mécanismes qui l'animent restent mystérieux. A-t-on vraiment besoin de savoir ce qu'il en retourne ? Il y a évidemment des raisons factuelles qui nous font tomber amoureux, mais elles seules ne peuvent déclencher ce bouillonnement intérieur (extérieur aussi parfois...). Or, cet état varie. Pour plein de raisons, rationnelles ou non. 

L'engagement amoureux, c'est autre chose, même si l'état amoureux en est le ciment. S'engager, c'est aussi accepter les variations de cet état amoureux, de ne pas dogmatiser la relation et construire...

J'ai découvert par hasard le polyamour. Ça m'est tombé dessus, je n'ai rien demandé, rien cherché, c'est arrivé et j'ai accepté la chose. Je n'ai fait de mal à personne, trahi personne, juste aimé. Différemment peut-être, mais avec une intensité et une sincérité égale. Aimer pluriel, multiple, demande une sorte de hiérarchisation ou plus exactement une organisation dont l'enjeu principal est de tenir ses engagements. Chacun d'entre eux. Mais eux aussi peuvent être multiples. Les engagements.

Et l'exclusivité ? L'exclusivité est une tentative de la morale pour nous rattacher à des valeurs de la chrétienté, dont nous peinons à nous défaire, tous. Les autres religions laissent certainement les mêmes scories... On sous-entend que, sans exclusivité, il n'y a pas de respect, mais une trahison. Mortelle qui plus est. Le monothéisme au service du couple : si tu aimes d'autres dieux (qui sont assurément des sous-dieux), tu tombes dans un trou direct aux enfers. La classe !
J'ai expérimenté cela. Pas par jeu ou par défi. J'ai eu le sentiment que d'autres choses s'ouvraient à moi, comme si le sentiment amoureux repoussait des murs invisibles qui le contenaient. En aucun cas je ne dénaturais mes convictions ou ne faisais souffrir autrui.

En présence de la personne que j'aime, l'exclusivité est un concept presque déplacé... je suis avec elle, et j'y suis entièrement, pleinement. Ces questions d'amours plurielles, on ne se les pose pas quand il s'agit de l'amour que l'on porte à ses enfants. Parce qu'évidemment, c'est le sexe qui pose problème... Coucher, c'est tromper, trahir. Bouh ! Vade retro satanas, salaud, mécréant... 
Or, ta question concernait le mot aimer et non le mot baiser.

J'ai deux enfants. Le premier est arrivé comme un cadeau, je découvrais émerveillé le fait de devenir papa et ce lien indescriptible qui m'unissait à lui (Je confirme que ceux qui n'ont pas d'enfant, ne se font qu'une idée théorique de ce dont je parle...). À l'arrivée du second, je me suis posé les questions suivantes : avec tout cet amour que je donne, comment vais-je être capable de le partager ? Vais-je trahir mon premier enfant en en aimant un autre ? Bien sûr que non. Cet amour est plein, il ne se divise pas. Il s'ajoute. C'est déjà une forme de polyamour...

Je fais partie de ces gens qui aiment aimer, je crois. Ce qui ne revient pas à dire que la personne (ou les personnes, donc) sont dénaturées, déconsidérées... ce sont elles l'objet de ce sentiment si fort et elles le restent. Mais j'aime ce sentiment, je le trouve beau, pur, altruiste, bienveillant, humaniste. D'aucuns me trouveront "fleur bleue". J'assume, et cela ne me rend pas plus naïf pour autant. Fragile peut-être. Exposé en tous cas. Mais bordel que c'est bon !

Aimer, c'est un élan vers l'autre, c'est un don de soi, s'ouvrir entièrement dans une confiance aveugle, mais c'est aussi être curieux de l'autre, se nourrir de lui ou d'elle, d'apprendre, de découvrir, d'expérimenter... à deux (au moins...). Partager, échanger... ce n'est pas un échange exclusif, mais un échange privilégié et donc unique.
Je l'imagine lisant ces lignes, attentive et souriante. Je m'imagine me faufilant à pas feutrés derrière elle, soulever sa crinière flamboyante et déposer un long baiser dans son cou, profitant de l'instant pour la respirer et saturer mes récepteurs olfactifs de son empreinte. Puis disparaître. Aimer, c'est libérer. Pas attacher.

Pour paraphraser Cyrano, voilà ce qu'à peu près, ma chère, j'aurais pu te dire si j'avais eu les lettres et l'esprit d'à-propos... Je ne l'ai pas eu. Aussi parce que cela aurait souligné les directions divergentes que nos routes prenaient, depuis un temps certain déjà. Et que je n'étais pas prêt ce jour-là à le réaliser ou à l’accepter. Mais ce ne sont que des routes et l'essentiel est préservé.

à vous, mes essentiels...


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