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P arce que certains lieux ont plusieurs vies. Je pense à des lieux publics, des lieux de passage qu'on utilise presque quotidiennem...

Rideau

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Parce que certains lieux ont plusieurs vies. Je pense à des lieux publics, des lieux de passage qu'on utilise presque quotidiennement et auxquels on attribue une fonction très précise. Sauf que l’activité humaine, même dense, se relâche parfois. Qu'en est-il de ces lieux ? Que deviennent-ils ? À quoi ressemblent-ils une fois que nous avons déguerpi ? Pour nous, ils n'existent plus, on les a consommés et la digestion est rapide, expéditive même. Une fois la porte franchie, zou ! À peine quelques scories

Pourtant, je connais un endroit, qui, une fois éteint aux yeux de tous, renaît dans l'indifférence la plus totale. Alors qu'il est déjà le chantre de l’imaginaire quand on l'anime, une fois délaissé de ses occupants, il devient l'Arche dans laquelle s'exprime une énergie créatrice étourdissante. Je ne deviens pas mystique, rassurez-vous ! Il faut avoir la clé du sésame pour découvrir un tel lieu. J'ai cette chance. Ceux qui ont déjà vécu cette expérience comprendront très bien à quoi je fais allusion. Un théâtre. Un théâtre vide. Je pourrais dire : un théâtre la nuit. Pour ajouter un côté mystérieux… Mais bon, un théâtre est conçu sans fenêtres et si bien isolé qu’aucun élément du monde extérieur n'interfère. Imaginez ce chaudron de vie et de clarté, plongé dans la pénombre et le silence. L'odeur de poussière, les moquettes profondes, les velours usés accrochant sous la caresse des doigts, et ces bruits. Tous ces bruits. Les craquements laissant penser à des visiteurs cachés mais qui ne sont que la respiration du théâtre. Il dort, mais on l'entend respirer.

Je t'ai dit que j'avais une surprise pour toi. Comme moi, tu es contemplative et nul doute que tu vas goûter cette expérience. Tu peux ouvrir les yeux maintenant.

Nous sommes là, au cœur de la salle, silencieux. Je te vois sourire dans l'ombre, alors que tu contemples la coupole qui nous surplombe à plusieurs dizaines de mètres. La voûte céleste n'a qu'à bien se tenir, car ce que nous admirons est tout aussi majestueux et infini. Ce soir, nous sommes les fantômes du théâtre.
Je connais bien les lieux et ses moindres recoins. Agrippant ta main, je t’entraîne dans un dédale de couloirs, d'escaliers, de pièces et de culs-de-sac… Je ne cherche pas à t'éblouir, ni à te montrer à quel point je connais, à quel point je sais. Ce ne sont pas les mots qui m’intéressent ce soir, car je ne les ai pas pour te décrire cette partie de moi. Mais là, dans l'antre, au cœur, je veux que tu sentes, ressentes et moi, je veux le partager avec toi.

Je tiens toujours aussi fermement ta main. Peut-être que j'ai peur que tu te perdes, ou de te perdre… Nous voici en coulisse. Les rideaux et prendrillons pendant de partout sur la scène. Ici et là quelques perches et projecteurs, mais le plateau est bien dégagé et la pénombre laisse à penser que l'étendue devant nous est infinie.

— Il est tout à toi. Vas-y, fais ton entrée. Fais ce que tu veux. Ici, tout est possible.
Je te lâche la main et sans même me regarder, tu avances doucement, puis de façon plus affirmée. Ta main caresse le rideau, tu sautilles maintenant en te dirigeant vers le milieu du plateau. Tu n'es plus qu'une ombre pour moi, mais je t'entends rire. Je t'imagine danser, virevolter. Je reste en coulisse, comme si une barrière invisible m’empêchait de te rejoindre sur scène. Un bruit sourd, puis le silence.

Je me précipite sur le plateau en t’appelant, mais je ne vois rien. Je tâtonne dans la pénombre, hésitant, quand une main mon poignet et me plonge vers le sol. C'est sur toi que je m'effondre. Toi et ton sourire qui me dit :

— Embrasse-moi.

Docile comme je suis, je m'exécute, avant de te glisser dans l'oreille :

— Embrase-moi.

Il faut souvent peu de temps pour allumer la mèche entre nous et je vois bien à ton œil qui frise que ma proposition résonne admirablement. Nous roulons maintenant sur scène dans un ballet de caresses, de baisers, de frôlements, de frottements… mais pas d'entrechats.

Je me redresse et te tire vers moi, car j'ai une petite idée de ce que je veux. Je te colle à l'imposant rideau de scène en velours, je sens aussi sa caresse sur ma peau. Ton envie n'est pas moins grande, car déjà tes mains agrippent le tissu, tu cambres tes reins, ondule des fesses et le regard que tu me lances, bouche légèrement ouverte, est sans équivoque. Je saisis fermement tes hanches et me colle à toi. Ma queue tambourine, prise en étau dans mes pantalons et écrasée par ton postérieur. Je ne mets pas longtemps avant de la sortir de son étui. Mais avant de te pourfendre, je me penche sur toi pour te glisser autre chose :

— Je vais te baiser.

Sans autre forme de procès, je me glisse en toi directement jusqu'à la garde. Je ne peux que constater que j'étais chaudement attendu. Nous laissons échapper un premier râle alors que mon ventre touche tes fesses et que ma queue est entièrement engloutie. Pas de sensualité ce soir, nous sommes dans l'intensité, l'animalité. Alors que je coulisse en toi avec vigueur et que tes mouvements m'y invitent, nos cris et nos gémissements résonnent, s'amplifient dans le théâtre vide. J’empoigne ta crinière et intensifie la cadence, sentant le plaisir monter. C'est ce moment que tu choisis pour me repousser d'un coup de reins. Tu m'attrapes par les pans de ma chemise et avec dextérité me colle au sol.

— C'est moi qui vais te baiser.

Elle s’accroupit sur moi, agrippe ma queue et après quelques mouvements de frottement contre son clitoris, elle me glisse en elle. Je peine à bouger dans cette position, mais je sais qu'elle aime me sentir à sa merci et agir sur la montée de mon plaisir. Je ne m'en plains pas. Pendant qu'elle me chevauche, mes mains s'accrochent tant bien que mal à sa robe, mais les mouvements ne facilitent pas les choses… Je la regarde. Elle est belle. Un énorme spasme la saisit et je sens ses cuisses se resserrer sur moi comme un étau. Puis vient le relâchement quand elle vient se glisser près de moi, ventre à terre. Je n'ai pas joui, mais qu'importe, ce moment est magnifique.

Dans un souffle, je l'entends dire :

— Bordel…

Rideau.


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